Acclimatation de Kai et Junior

Les lamantins se font encore discrets et le personnel soignant ne peut que rarement les approcher. Néanmoins, ils peuvent entendre leurs chants mélodieux sous l’eau. Ils restent sous étroite surveillance pour être sûr que leur acclimatation se passe au mieux.
Les lamantins mangent deux fois par jour une ration d’environ 20 kg de mélange de laitue, de choux, de foin et d’herbe.
Le “feeder surface” ; est le nourrissage en surface d’un mélange de laitue et de choux. Essai ce jour avec des feuilles de bananiers.

Kai et Junior n’apprécient pas beaucoup de se nourrir en surface. Par conséquent l’équipe a mis au point des systèmes pour déposer la nourriture au fond du bassin. Ils utilisent des tuyaux en PVC auxquels sont accrochées des laitues. C’est ce qu’on appel la technique du « feeder bottom ».Le personnel plonge matin et soir pour disposer ces tuyaux le long des grillages de l’enclos à 1 mètre de profondeur. Les tuyaux sont retirés ensuite et le nombre de laitues restantes est calculé pour évaluer la quantité mangée par les deux animaux.


Comptage des laitues restantes. Et préparation des nouvelles rations du jour.

Préparation des tuyaux de foin et de laitues prêts à être immergés dans le bassin. A la nage, le plongeur-soigneur va placer les tuyaux le long des enclos.
Ce n’est pas chose facile car d’autres animaux fréquentent le bassin et peuvent se servir…
Une autre technique consiste à accrocher des laitues sur un grillage disposé au fond du bassin.

Grille de la veille et nouvelle grille prête à être immergée.
Projet de réintroduction du lamantin des Antilles en Guadeloupe

Avant de commencer un peu d'histoire pour le situer...
Histoire :
A l’heure actuelle, le lamantin est une espèce menacée et est dès lors sur la liste rouge des espèces en voie d’extinction de l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN).
La population de lamantins des Antilles s’élève à moins de 100 individus et est dans la majorité des endroits en décroissance. Il n'en reste qu'au nord de la Guadeloupe au niveau de Porto Rico et en République Dominicaine et au sud au niveau de Trinidad, Tobago et aux Guyanes.
En effet, ce lamantin voit son nombre en diminution à cause du braconnage persistant a certains endroits pourtant prohibés. Mais également à cause de la pollution, des filets de pêche ou des hélices des bateaux qui les tuent ou les blessent gravement. Le lamantin vit en eau peu profonde. Il est donc proche de l'activité de l’homme favorisant la dégradation de son habitat.
A l’inverse, la population des lamantins de Floride voit son nombre en augmentation malgré des problèmes majeurs persitant tels que les bateaux, les eaux froides et toxines présentent dans ses eaux. De nombreuses recherches ont été effectuées a son sujet et on permis de maintenir une bonne conservation de l’espèce et de son biotope.

Le projet de réintroduction des lamantins a été mis en place par le Parc national de la Guadeloupe.
Le but du projet est de réintroduire le lamantin des Antilles dans son site d’origine et de créer une population qui soit stable. Ce projet, rattaché à de nombreuses études permettra une conservation de l’espèce et une descendance future croissante.
Ce programme de réintroduction des lamantins est l’un des plus important à l’échelle mondiale ; c'est en effet le premier projet mondial de réintroduction des mammifères marins.
C'est un modèle mondial de conservation efficace des grands mammifères marins qui contribuera à la conservation de nombreuses autres espèces menacées et en voie d’extinction.
Le parc national contribue également au maintien du lamantin des Antilles dans toutes les Caraïbes via son réseau d’aide. En effet, il permet la mise en place de séminaires et formations partout dans les Caraïbes. Il aide à la rénovation et installation des habitats.
Le Docteur Vétérinaire Natalia Rozniewska diplômée de l’université de Vasovie est le vétérinaire responsable du projet.

L’arrivée des lamantins demande beaucoup de préparation.
Un protocole de mise en place des équipements est nécessaire. La fabrication des cages est réalisée sur-mesure. Il en est de même pour la fabrication des bâtiments de soins et de stockage de la nourriture.
Une étude de l’habitat du grand cul-de-sac marin ainsi qu’un suivi de la qualité des eaux ont étés réalisés. Un entretien fréquent du bassin est indispensable. Un protocole de soins et d’observation des animaux ainsi que un protocole de nourriture sont mis en place. Enfin il faut rajouter à cela des cours et des formations pour le personnel et beaucoup de travail administratif.
Tous ces protocoles et examens sont laborieux et doivent être réalisés scrupuleusement pour permettre de mener à bien ce fantastique projet. Des experts compétents donnent de précieux conseils pour l’avancement du projet.

Petit plus ...
Le projet contribue au maintient du patrimoine culturel de la Guadeloupe.
En effet, non loin de la baie du grand cul-de-sac marin, une ville porte le nom de ses grands mammifères marins ; le Lamentin. Le Lamantin est également un personnage fictif légendaire repris dans des contes créoles. Le lamantin est à l’origine de la légende des sirènes créoles. En effet, le « Man man D’lo » signifiant lamantin en créole; est une sculpture représentant une tête et une nageoire de sirène. Elle a été réalisée par Laurent Valère, un artiste martiniquais. Elle a été immergée en 2004 dans la baie de Saint-pierre à 9 mètres de profondeur. Elle représente un hommage à la mer et une invitation à sa protection.
D’après la légende; les voix magnifiques des sirènes rendraient les marins fous et feraient chavirer les navires.
Depuis 2015, une deuxième sculture réalisée par le même artiste à été immergée à ses cotés. Elle est nommée Yémaya.
« Tino le lamantin », est un conte pour enfant créole de Guerty Dambury mis en musique par Edmond Mondésir. Ce conte raconte l’histoire d’un lamantin qui rêve du paradis des lamantins dont lui parle sa grand-mère tous les soirs. Un jour il part à sa recherche.
Ou « Maté et le lamantin » de Alex Godard qui raconte l’histoire d’une petite fille qui se lie d’amitié pour Yaya, un lamantin vivant dans la mangrove de la Guadeloupe.